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La France a-t-elle écrasé ses régions ?


Entretien croisé entre Jean-Pierre Chevènement et Jean-Pierre Raffarin, L’Express, 24 décembre 2009, propos recueillis par Michel Feltin.


La France a-t-elle écrasé ses régions ?
L'Express : Pour faire vivre ensemble des Provençaux et des Bretons, des Alsaciens et des Béarnais, la France a créé un Etat central fort. Cette unification a-t-elle abouti à l’écrasement des identités régionales ?
Jean-Pierre Chevènement : le grand historien Fernand Braudel disait : « la France a un nom : diversité ». Notre pays se situe en effet au carrefour des influences celtique, germanique et méditerranéenne. Plus qu’une donnée géographique, la France est donc une construction politique, qui s’est constituée à partir de l’Etat. Pour autant, je ne crois pas à la fable de l’uniformité française ! Notre pays reste panaché. Simplement - et heureusement ! - il y a des éléments d’unité. Comment ferais-je pour dialoguer avec M. Raffarin si nous ne disposions pas d’une langue commune ?
Jean-Pierre Raffarin : Mon constat est le même : la France est incroyablement diverse. Quant à savoir si elle est un produit de la géographie, de l’histoire, voire un être moral - « une personne », disait Michelet - c’est une question ancienne. Personnellement, je crois qu’elle est un peu tout cela à la fois. Certes, la géographie est dominante. Certes, la monarchie, puis la République, ont recherché la centralisation. Mais j’observe surtout une succession de mouvements contraires, une alternance perpétuelle entre l’expression de la géographie - la diversité - et l’effet de l’histoire - l’unité.

Aurait-on pu imaginer une France fédérale, comme il existe une Suisse et une Allemagne fédérales ?
Jean-Pierre Chevènement : Ce serait méconnaître la nature de la nation française ! Vous évoquez deux communautés organiques surgies de l’histoire, autour des tribus germaniques ou des cantons fondateurs de la Confédération Hélvétique, qui se sont unies par le bas. En France, nous avons connu l’inverse : un mouvement d’agrégation continu par le pouvoir royal. Ce fut très long : à la fin de l’Ancien régime, Voltaire écrivait encore qu’en parcourant la France, on changeait plus souvent de loi que de cheval ! C’est à cela que la Révolution a mis un terme, parce qu’au nom de l’égalité, elle a voulu que la loi fût la même pour tous. La Révolution a fait œuvre de modernisation, notamment en créant les départements.

Des départements qui avaient aussi pour but de couper les liens des Français avec leurs anciennes provinces, quitte à choisir des entités artificielles…
Jean-Pierre Chevènement : Moins artificielles qu’on ne l’a dit, mais il y avait en effet l’idée de créer un «homme nouveau», le citoyen.

La Révolution et la République ont également lutté très vigoureusement contre les langues régionales pour imposer le français comme langue nationale. Aujourd’hui que notre unité est acquise et que la République a triomphé, n’est-il pas temps de sauver ces langues menacées de disparition ?
Jean-Pierre Raffarin : Il faut les garder vivantes. Mais il ne faut pas que le souci identitaire entraîne un repli sur soi.
Jean-Pierre Chevènement : Il faut les cultiver mais se méfier des revendications qui avancent masquées. Sur l’île de Beauté, la connaissance du corse est devenue nécessaire pour recruter des professeurs d’école. Cette « corsisation » des emplois est antirépublicaine.
Jean-Pierre Raffarin : Les langues régionales sont une question non pas politique, mais culturelle. Il faut mener des actions vigoureuses pour les valoriser, créer des grammaires, aider les artistes, développer l’enseignement. Mais, dans un monde très ouvert, il ne faut pas donner le sentiment que la France se replie. Les identités fortes sont les identités ouvertes sur les autres, comme le montre l’exemple de la Catalogne.
Jean-Pierre Chevènement : N’oubliez pas les risques d’exacerbation des revendications particularistes. Regardez la Belgique ou la Catalogne! Ce que nous avons fait en France n’est pas si mal. Notre construction millénaire doit se manier avec précaution.
Jean-Pierre Raffarin : Je partage ce point de vue. C’est pourquoi la décentralisation à la française, c’est-à-dire une délégation du pouvoir de haut en bas, de l’Etat vers les collectivités locales, correspond à notre tradition. A l’inverse du fédéralisme, qui consiste en une délégation de pouvoir du bas vers le haut. J’ai fait inscrire dans la Constitution notre projet : « la République décentralisée ».

Avec Paris, la France dispose d’une des rares « villes-monde », capable de rivaliser avec Tokyo, New-York et Londres. Est-ce un atout ou un inconvénient, dans la mesure où la puissance de la capitale a entraîné un affaiblissement des autres villes ?
Jean-Pierre Chevènement : C’est un atout, évidemment ! On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.
Jean-Pierre Raffarin : Nous sommes tout de même dans un système où il existe une relation hiérarchique entre une région et toutes les autres. Faute de politique d’aménagement du territoire digne de ce nom, on laisse beaucoup trop Paris fragiliser les autres villes.
Jean-Pierre Chevènement : Je ne suis pas d’accord. Car Paris est aussi une force de brassage. Lorsque j’étais ministre, j’ai envoyé des préfets alsaciens dans les Pyrénées et des recteurs languedociens en Bretagne. La France est un pays aéré parce qu’elle mélange constamment ses différentes composantes.
Jean-Pierre Raffarin : Pas du tout. Le brassage des élites existe, mais les grands lycées parisiens aspirent les talents de nos régions. Je suis révolté lorsque je vois un jeune Poitevin contraint de suivre une classe préparatoire dans la capitale avec l’espoir d’intégrer une grande école. Car, ensuite, très peu d’entre eux reviennent.

Peut-on dire qu’il y a eu continuité de la centralisation française, de la monarchie à la République ?
Jean-Pierre Chevènement : C’est plus compliqué. Il y a eu un mouvement de centralisation, mais la Révolution n’a pas touché aux communes, elles-mêmes issues des 44 000 paroisses du Moyen-Age. C’est un élément très fort de diversité qui a été respecté. Il y a eu ensuite la loi de 1871, qui a créé les conseils généraux élus, et celle de 1884 sur l’élection des maires par les conseils municipaux. Il y aura bien plus tard les lois Defferre des années 1980 et la réforme Raffarin de 2003. Encore faut-il ajouter la loi de 1999, qui a développé les intercommunalités.
Jean-Pierre Raffarin : Cela illustre mon idée-force : la France a connu des mouvements d’alternance entre les exigences de cohérence et de proximité. Globalement, on constate un certain équilibre, avec des excès de temps en temps. C’est le cas, hélas, en ce moment, avec la réforme de la taxe professionnelle. Car on ne peut pas rendre les élus responsables des dépenses en les privant de toute autonomie sur les recettes.


Rédigé par Chevenement.fr le Mardi 5 Janvier 2010 à 15:27 | Lu 9076 fois



1.Posté par Robert M O R L O T le 05/01/2010 23:12
Y a-t-il un rapport entre la République décentralisée et l’écrasement des Régions, dans les propos échangés entre Jean-Pierre Chevènement et Jean-Pierre Raffarin ? Ce qui transparaît, c’est que l’un est féru en Histoire de France, l’autre guère…
Depuis un demi-siècle, c’est-à-dire depuis hier, notre France rurale s’est rétrécie comme une peau de chagrin, et nos villages en ont subi les conséquences aussi néfastes qu’irréversibles. Notre civilisation villageoise séculaire a été quasi effacée au profit d’une civilisation citadine dominante, et sans partage.
En moins de deux générations, le mal fut fait. Englués dans la toile de communautés urbaines ou de regroupements d’agglomérations, nombre de nos paysans vivent leurs dernières années dans un isolement et une gêne dont leurs nouveaux édiles citadins ne se soucient guère…
Les identités fortes dont parle Raffarin, si elles sont ouvertes sur les autres, auraient pu se soucier d’abord du sort de leurs nouveaux administrés. La Catalogne est un mauvais exemple, même du temps de Franco.
Quant à l’exemple de Paris, force de brassage ou fragilisant les autres villes, les oubliettes guettent notre capitale. Notre Ville-Lumière s’est éteinte avec Pompidou, et ne s’est nullement rallumée depuis. Où sont-ils passés , ces essaims de Parisiens bourdonnant tard tout au long de nos grands boulevards, ou butinant toute la nuit aux Champs Elysées, dans des estaminets ouverts sans désemparer ?!
Paris se vide de ses Parisiens, inexorablement. Le turn over des Parisiens résidents, propriétaires et locataires, s’accélère hors de tout brassage. Quant à fragiliser les autres villes, ce ne sera bientôt plus qu’une gageure : les intercommunalités se sont organisées pour y faire face, les budgets ont suivi, l’appareil régional pendant de l’appareil d’Etat s’est considérablement musclé - ses seuls effectifs approchent ceux de la 4ème République à ses débuts - l’anse du panier de leurs dettes saute allégrement au-dessus du tonneau des DanaÏdes de la Dette Publique.
Jean-Pierre Chevènement rappelle que la Révolution n’a pas touché aux communes, et qu’un homme nouveau en est né, le citoyen. Souvenons-nous cependant que Napoléon sut tirer profit d’une conscription qui lui fournira une armée aux moindres frais…
Notre République est arrivée à un carrefour, au centre duquel se mêlent les excès en tous genres - qu’effleure vaguement Raffarin - mal ou pas du tout contrôlés, la sape de la démocratie par l’exécrable cooptation, et l’inattendue crise mondialisée. Pour prendre le bon itinéraire qui lui fera retrouver ses valeurs fondamentales bousculées depuis des décennies, notre République a besoin du soutien de tous ceux et celles , de tous bords, qui se réclament encore d’elle aujourd’hui.


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2.Posté par obgox le 06/01/2010 19:45
les propositions de Monsieur Chevènement et de Monsieur Raffarin pour ce qui touche à leur vision de la décentralisation ne peuvent en aucune façon être soutenues puisque elles ne correspondent pas à une France avec une Démocratie majeure et responsable comme cela existe dans tout autre pays européen.
La République, la nôtre, ne peut plus être la poursuite des erreurs et des fautes de la monarchie absolue française, déjà pour la simple raison que chaque monarchie actuelle en Europe est de la définition des pratiques de respect de ces valeurs élémentaires (à l'opposé de la République française) que ces propositions ne facilitent et ne permettent pas.

3.Posté par obgox le 06/01/2010 19:48
... j'y ajoute, que l'homme "nouveau" qui serait né sous la Révolution française, le citoyen, n'est en comparaison de l'homme sous la monarchie absolue en rien nouveau puisque le citoyen n'a pas de droit mais que des devoirs.

4.Posté par Babeuf le 06/01/2010 23:40
D'une certaine manière , rien n'a vraiment changé depuis l'Ancien Régime. Faire carrière nécessite le passage obligé par la Capitale comme jadis Versailles. Les barons des régions se sont faits leur fief à Paris , dans les états-majors des Partis , avant de venir regner sur leur province. Il faut en effet obtenir l'adoubement préalable des instances nationales et soigner son entregent. Le mode de vie n'est pas non plus franchement le même à Paris qu'en Province. Le train de vie des politiques n'a généralement et toutes proportions gardées , rien à envier aux aristocrates de jadis. Les palais ont simplement changé d'occupants , il est vrai pas à vie eu égard au suffrage universel. Les émoluements sont plutôt rondelets et les avantages en nature loin d'être symboliques. A faire palir bien des travailleurs indépendants pourtant réputés privilégiés dans l'esprit du Public. Même après cessation de fonctions. C'est d'ailleurs assez insolent pour de nombreux Français qui , silencieux , n'en pensent pas moins. Cela vaut également pour la haute fonction publique. Quelques collectionneurs de montres de luxe rappelés à la loi ( mais pas à la décence ) et rentiers de la République se retrouveront dans ce constat.
Le bon beurre s'accorde parfaitement avec les fromages.
Il y a des exceptions bien sûr. Un parlementaire Communiste de la IV ème , dans l'incapacité de vivre à Paris , élu du Midi , dormais dans le train qui faisait l'aller-retour entre sa circonscription et la chambre des députés. Le Général De Gaulle ne s'est nullement enrichi.On pourrait en parler à l'infini. En tous cas , le Tiers-Etat peur encore cultiver longuement sa conscience de classe. Intervention poujadiste ? A chacun de se faire son idée.

5.Posté par obgox le 07/01/2010 08:00
En réponse à certaines craintes de Monsieur Raffarin, je joins ici un texte y répondant.
J’y ajoute que s’il y avait une vraie pratique de la tradition décentralisée, donc une démocratie véritable respectueuse naturellement des choix naturels découlant des besoins « du local », les problèmes nouveaux découlant de la réforme de la taxe professionnelle n’existeraient pas. Toute dictature a eu pour dénominateur commun le centralisme, et chaque démocratie a pour pratique un Etat réellement décentralisé, avec des régions autonomes ! et la décentralisation n’est pas anti-républicaine puisque même nos monarchies européennes la pratiquent.
Mon texte :
Ce qui s’est pratiqué en France, cette éradication de nos héritages culturels, est à l’encontre des valeurs élémentaires des Droits de l’Homme que la France dit représenter et défendre.
La France est le seul pays en Europe à placer son organisation administrative au-dessus ou avant ces valeurs, et ce qui est scandaleux au nom de ces valeurs. (quelle hypocrisie !)
Je vous donne la précision qu’après la Première Guerre Mondiale ce principe de mise en pratique du respect des héritages culturels locaux fut imposé dans toutes l’Europe ! sauf en France, et en particulier en Alsace où la France, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité aurait dû commencer par mettre en application ces valeurs pour faire mieux que l’Allemagne ! (tout comme alors aussi dans nos autres régions qui font la France)

En France, l’Etat n’est donc ni en phase avec le respect de ces valeurs, ni en phase avec le respect de ce qui fait aussi l’identité de la France : nos héritages de nos régions qui font la France. (gastronomiques, architecturaux, écologiques, linguistiques…)
Le gros problème avec le maintien de ces erreurs et fautes d’éradication de nos héritages culturels de France c’est que la seule « identité » qui resterait serait la Constitution qui, à travers le principe de respect de tout culte – dont un particulier qui n’est pas d’origine territoriale -, ouvre précisément la porte à la substitution de notre culture, de nos cultures, par une autre puisque une religion correspondant aussi à une manière de vivre, et donc à une culture, (et aussi à une autre langue puisque la langue de référence de la culture « musulmane » n’est pas une langue « locale » nationale ou régionale)

Pour revenir à l’importance et aux utilités de nos langues et cultures régionales, qui ne sont pour la plupart pas que locales et même internationales, c’est précisément leur éradication progressive que la monarchie absolue et ensuite la république ont autorisé et favorisé depuis toujours, mais voilà on est aussi respectueux de toute croyance, et par conséquent à cette conséquence ! et la démocratie étant l’imposition des choix par une majorité… et la République ne protégeant même pas ses héritages régionaux qui ont aussi leurs utilités, tout ce qui correspond à l’identité française n’a vraiment plus de sens, de valeur. (et cela n’a pas forcément de lien avec la religion et la laîcité)
Notre identité, nos identités, notre Devise, n’ont aucune valeur sans le mot respect.
Pour ce qui concerne l’Alsace, les élus ont tous toujours voulu le respect et le maintien de l’héritage alémanique, ce respect qui est à la base de l’attachement de l’Alsace à la France.
Lorsque la majorité des élus (tous) localement n’arrive pas à appliquer le choix de la population, où se trouve la démocratie par le peuple pour le peuple ?

Le Président ZELLER n’a pas par hasard relevé que les élus en France n’ont pas la même latitude d’action que ceux du Bade-Wurtemberg !
Que propose notre Gouvernement pour que la France protège, comme les autres Pays partenaires de l’UE, nos héritages culturels pour l’égalité des chances de nos régions à pouvoir s’intégrer aux contextes européens locaux ?
Comme pour l’Alsace où l’alémanique a été l’outil économique qui avait permis à l’Alsace d’être le carrefour de l’Europe, nos langues régionales ont aussi ces rôles.

L’ouverture sur l’intégration à ces valeurs pourrait être la solution à l’intégration réelle de toute personne s’installant sur l’un de nos territoires français, quelle que soit son origine, ainsi qu’à l’intégration aux rôles et devoirs locaux que chacun devrait pouvoir tenir et jouer : tout ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, dans le pays qui se veut être celui du Droit de l’Homme.


6.Posté par Lambersartois le 09/01/2010 14:33
Il convient de rebondir et extrapoler ( notamment ) sur la langue et l'appartenance à une entité politique commune . Cette entité commune est dénommée a minima en Droit International "pays" ou plutôt "Etat" , mais pas forcément "Nation" .Je me dois d'évoquer le cas ubuesque de la Belgique. La situation est , outre-Quiévrain , la négation de ce que représente l'héritage Républicain chez nous. Elle n'émeut nos Concitoyens qu'à la marge , ce qui est un peu dommage. Flamands et francophones se comprennent de moins en moins. Les francophones n'ont jamais fait l'effort d'apprendre le néerlandais , les jeunes générations Flamandes ne parlent plus le Français.C'est le contre-exemple parfait par rapport à notre pays en matière de construction d'une entité politique , ici sans naissance d'une Nation . C'est la juxtaposition de "la carpe et du lapin" , sans le "vouloir-vivre ensemble" de nos grands Républicains. Un révélateur sémantique : le souverain est le roi des Belges et non le roi de Belgique. Je n'ose même pas parler d'Etat belge dans un processus de confédération ( actuellement au goût du jour ) et espérons le de séparation à terme. Je pense que Jean-Pierre Chevènement est probablement le seul a avoir compris l'enjeu d'un soutien à la Walonnie sans ostracisme à l'égard des justes revendications Flamandes ( parfois exprimées il est vrai néanmoins avec excès ). L'identité d'un Peuple est à 80% la langue commune disait Lévi-Strauss. Même si le système Français n'est pas parfait , on peut quand même s'en satisfaire en regardant ce qui se passe à coté de chez nous. Pour fréquenter de manière assidue les indépendantistes Wallons qui évoquent de plus en plus le rattachement à la France , ce qui n'était pas encore le cas il y a quelques années , un message fort de la part de Jean-Pierre Chevènement apporterait une nouvelle pierre à l'édifice du droit des Peuples à disposer de leur destin. Comme disait un de nos Amis Réunionnais dans une autre rubrique , l'émancipation des francophones de Belgique doit reprendre force et vigueur , avec le soutien actif du Peuple Français et de ses porte-paroles les plus éclairés.Le débat est ouvert. J'ajoute que si ce sujet recueilllait un certain écho sur ce site , ma récente expérience Québécoise viendrait apporter un éclairage complémentaire qui ne se résume pas à la simple défense de la Francophonie.

7.Posté par obgox le 09/01/2010 19:24
Pour Lambersartois
Personnellement je crois que le bilinguisme peut être la solution pour toutes les mauvaises conséquences pouvant surgir aux différents niveaux de responsabilité.
Vous le soulignez et le relevez très bien : les francophones n’ayant jamais voulu, et pensé à faire l’effort d’apprendre le néerlandais, se trouvant dans une situation de rejet il y a la conséquence logique de ne plus parler le français par les néerlandophones qui le comprenaient !
Il n’est pas possible d’être en accord avec vos positions puisque, vous le reconnaissez, le problème vient avant tout du « monde » francophone qui n’a aucune ouverture sur la compréhension de « l’autre » !
La position de rattachement de la Wallonie francophone à la France n’est pas soutenable puisque il nous faut aussi avoir du respect pour la « pierre » de l’édifice du droit des Peuples à disposer de leur destin, et donc du respect même de leur culture et langue locale.
Je vous rappelle que l’attachement du respect à la langue alémanique alsacienne est à la base de l’attachement des Alsaciens à la France, et que ce principe élémentaire de respect dont se réclament précisément les portes paroles de la France et de ses Valeurs n’est hélas pas mis en pratique ! que diriez-vous si l’Allemagne tenait une même position que celle que vous avancez là ? Je me demande d’ailleurs si les politiques et le Roi de Belgique n’en sont pas scandalisés…
Le fond du problème se trouve donc dans la triste et tout aussi lamentable réalité, et vérité, de la population francophone qui ne joue pas l’ensemble de ses rôles et devoirs de trait d’union local qu’ils pourraient remplir, avec leur région, s’ils étaient ouverts et non repliés sur le national-monolinguisme francophone(dont nous souffrons aussi en France), et donc s’ils étaient au moins bilingues !
L’Italie est un autre exemple où les parlers locaux sont précisément vivants et respectés, partout.
Pour revenir à la Belgique, et à la France, je pense que si l’Etat garantissait ce principe de respect de l’héritage culturel local que le séparatisme n’a aucunement lieu d’être, que cela est le ciment de l’unité à condition que les habitants pratiquent la culture de l’ouverture : ce que la francophonie belge n’est pas, comme en France ! (votre position attisant le séparatisme de l'extérieur ne peut être que condamner, et est anti-européenne)
Pour revenir à nos héritages et cultures locales de France, nous savons tous qu’elles sont pratiquement toutes ouvertes sur d’autres régions et pays d’Europe : on peut imaginer les chances de développements dans tous les domaines possibles pour nos habitants de nos régions.
Aux francophones de Belgique d’être en phase avec notre temps et époque d’ouverture et de suppression de frontière, de faire tomber la seule qu’ils entretiennent et qui ne les aide pas (le national monolinguisme francophone) et d’être en phase avec leurs rôles et devoirs d’Européens locaux entre les régions et pays de Belgique, de France, du Luxembourg et de Hollande.
Il est aussi urgent que notre République se hisse à ce niveau, à ces valeurs (dont Elle se réclame) pour que l’Alsace (et les autres régions de France) et ses habitants puissent encore jouer leurs devoirs et rôles, comme par le passé, et lui permettre de continuer à être le carrefour européen qu’elle était ! qu’elle était, et c’est scandaleux.

8.Posté par obgox le 17/01/2010 10:01
Ayant donné mes réponses à Lambersartois, seront-elles affichées?

9.Posté par obgox le 22/01/2010 13:11
des réactions pour une action pour nos atouts hérités qui font LA France?

10.Posté par obgox le 14/02/2010 11:48
est-il possible d'espérer des réponses pour l'avenir de la France?
Cela serait une bonne chose si Monsieur Chevènement et Monsieur Raffarin y donnent leurs propositions pour que nous puissions être à la hauteur des Valeurs dont nous nous réclamons.
Il n'est pas logique que la république française empêche la pratique de ces Valeurs, de celles que la France veut défendre et appliquer.

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