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"Il y a un rejet des élites financières. Vous appelez ça populisme, moi je l'appelle réaction populaire"


Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Mardi Politique sur RFI, mardi 22 novembre 2011. Il répondait aux questions de Clarisse Vernhes (RFI), Roselyne Febvre (France 24), Acacio Pereira (20 Minutes) et Saïd Mahrane (Le Point)


"Il y a un rejet des élites financières. Vous appelez ça populisme, moi je l'appelle réaction populaire"

http://www.chevenement.fr/docs/audiovideo/mardi_politique.mp3 Mardi Politique RFI


Verbatim express

  • A propos de Danielle Mitterrand : je ressens de l'émotion. Je salue une femme résistante, une femme libre qui, à la tête de sa fondation France Libertés, agissait pour les causes qu'elle croyait justes.
  • Elle ne se situait pas sur un plan politique. Elle se situait sur le plan des grandes causes humaines
  • Je pense que le candidat socialiste a trébuché tout seul. En 2002, j'ai dit des choses qui paraissent évidentes aujourd'hui : j'ai dénoncé la dictature des marchés financiers, j'ai proposé l'extension des missions de la BCE, j'ai demandé une politique industrielle, j'ai marqué des repères fermes sur l’École.
  • Est-ce que mes idées sont de trop ? Est-ce que d'autres les soutiennent avec autant de fermeté, de cohérence, de continuité ? D'autres sont-ils aussi légitimes que moi pour poser le problème de la monnaie unique, que j'ai combattue dès le départ avec le Traité de Maastricht alors que toutes nos élites de gauche et droite s'en portaient garantes ?

  • L'industrie est la base de tout et je vois la désindustrialisation depuis 1982.
  • Il faut changer les règles de l'euro mais il faut surtout que ce soit une monnaie moins chère.
  • Il faut permettre le "quantitative easing" qui pourrait permettre de financier un plan d'investissement à l’échelle européenne. Aujourd'hui la BCE est la seule Banque centrale à se priver de ce privilège
  • Il faut aussi qu'il y ait un gouvernement économique pour coordonner tout cela.
  • On a dit beaucoup de bêtises, notamment que si les allemands avaient peur de l'inflation, c'était à cause du nazisme. Le nazisme n'a pas résulté de l'inflation mais de la déflation. Si aujourd'hui les Allemands ont peur de l'inflation c'est parce qu'on leur a confisqué leur épargne en 1948.
  • La France a de grand groupes mais ils font leur chiffre d'affaire à l’étranger. Il faudrait qu'ils se soucient davantage de leurs sous-traitants : les PME, PMI.
  • Je suis un homme de gouvernement sérieux, responsable, ce que ne sont pas les autres. Les français qui m'ont connu dans différents ministères ont gardé un certain souvenir de l'action que j'ai menée. Ils savent que je me détermine en homme d’État, notamment sur l'euro.
  • Faire appel aux fonds chinois pour soutenir le FESF est une hérésie. Nous avons avec la Chine quelques contentieux. Les conditions d'une concurrence loyale avec la Chine sont loin d'être réunies. Elle aspire à être reconnue comme une pleine économie de marché, ce qu'elle n'est pas.
  • Je ressens une véritable angoisse pour l'avenir de la France, pour les générations futures. Je me dis que nous n'avons pas le droit de leur laisser un pays à la dérive.
  • Je pense que ceux qui ont enterré la Nation l'ont fait trop vite.
  • Il faut construire une Europe réaliste, confédérale, à géométrie variable et qui soit un pôle dans un monde multipolaire.
  • A propos du vote Front National : Certains français se laissent aller à des réactions de colère qui les mènent dans l'impasse.
  • Je ne crois pas qu'on va pouvoir amener l'Allemagne autrement que dans une période de crise profonde à changer son point de vue. Elle est arc-boutée sur une orthodoxie monétariste à courte vue.
  • Malheureusement nous sommes aujourd'hui dans un alignement de la France sur l'Allemagne. Nous devons dialoguer mais ne pas nier que nous avons des divergences sur les questions monétaires et économiques, sur le nucléaire. Discutons !
  • Ce que nous appelons fédéralisme aujourd'hui c'est la fin de la démocratie. On nomme des gouverneurs à Rome ou Athènes.
  • M. Zapatero est l'exemple d'un socialisme imbécile. Je ne l'ai jamais entendu définir une autre perspective que la rigueur.
  • J'espère que la France échappera à un nouveau plan de rigueur. Je ne pense pas qu'il faille se placer dans cette optique étroitement budgétaire. Le triple A de M. Sarkozy, c'est triple zéro. M. Hollande doit faire l'effort de sortir de cette logique sarkozienne. Il faut se remettre dans une logique de dynamique, de croissance.
  • Si je suis candidat, malgré tous les inconvénients que je devinais, c'est tout simplement par patriotisme.
  • Il n'y a que des oui-ouistes dans l'état major de François Hollande. Il n'y a que des Maastrichtiens là dedans.
  • A propos de l'accord PS-EELV : Je pourrais faire la liste de tout ce qui, dans cet accord, me hérisse le poil. Je regrette que le Parti Socialiste accepte de se mettre dans le main de cette organisation. C'est le syndrome de Stockholm.
  • Il est temps de redresser la barre. Cet accord n'était pas opportun. Je souhaite qu'il y ait une gauche sérieuse, solide, responsable, républicaine, à la hauteur des défis sur tous les sujets. La France sera dans une crise grave.
  • Je ne crois pas qu'on puisse parler de droitisation. Les peuples sanctionnent l'incapacité, l'impuissance de leurs dirigeants, l'absence de démocratie réelle et le fait que nos orientations soient choisies par la BCE, la Commission.
  • Il y a un rejet des élites financières. Vous appelez ça populisme, moi je l'appelle réaction populaire. Peut-on faire confiance à ceux qui nous ont fourvoyés pour nous sortir de l'ornière ?
  • Il faut se séparer du social-libéralisme pour aller vers un socialisme républicain, une gauche républicaine.
  • A propos de la situation en Égypte : Je ne pense pas qu'on puisse aller vers la démocratie avec un régime militaire. Je sais très bien que la démocratie est un processus et qu'elle implique un esprit de responsabilité.


Rédigé par Chevenement.fr le Mardi 22 Novembre 2011 à 23:49 | Lu 2806 fois



1.Posté par Alain PUCCIARELLI le 23/11/2011 09:10
Face à un constat que beaucoup partagent, quelles solutions politiques? Quels relais médiatiques? Comme souvent, l'énormité de la crise cachent ses rouages essentiels aux yeux du grand public. Votre combat intelligent arrive trop tôt, ou trop tard, ce qui ne m'empêche pas de m'y reconnaître. Quand au social libéralisme, je reste convaincu que les hommes défendent d'abord leurs intérêts et ceux de leurs réseaux, sauf exception. En la matière, chercher les liens organiques entre les individus porteurs de l'idéologie néolibérale et les oligarchies en place est sûrement instructif quand on est en capacité de faire ce petit travail salutaire. Merci en tout cas pour votre engagement.

2.Posté par Philippe MANET le 26/11/2011 04:14
la principale question, c'est : est-il opportun de faire le trublion pendant la campagne en se ralliant au PS in fine, ou faut-il favoriser une réelle agrégation d'une gauche anti libérale autour du FdG pour peser réellement, en se concentrant sur les fondamentaux.

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