Ce texte n'est donc pas le fameux plan B que réclamait le camp du non en 2005 ?
En aucune manière. Le plan B, c'était un gouvernement économique de la zone euro, un changement des statuts de la Banque centrale européenne pour inscrire dans ses missions la croissance et l'emploi, une facilitation des coopérations renforcées. M. Sarkozy n'a, en aucune manière, réalisé une synthèse du oui et du non.
Il a quand même fait retirer la clause qui érigeait la « libre concurrence » comme objectif de l'UE...
Non. Voyez les dispositions relatives au marché intérieur : elles stipulent l'accord des membres sur un système où la concurrence n'est pas faussée. Toutes les critiques qui étaient faites à la Constitution peuvent l'être au traité simplifié. M. Sarkozy a accepté que la France puisse ne pas avoir de commissaire européen à partir de 2014. On n'a pas de ministre des Affaires étrangères européen, mais un haut représentant : si, demain, les Etats-Unis décident d'effectuer des frappes militaires sur l'Iran, que dira le haut représentant ? Poser la question, c'est y répondre : il s'alignera sur Washington.
Vous jugez que ce traité fait la part belle au camp libéral ?
C'est évident. C'est une victoire de Mme Merkel et des libéraux. Rien sur la préférence communautaire ! Rien sur la possibilité d'organiser une initiative européenne de croissance ! Avec un euro à 1,50 dollar, nous serons désarmés !
Vous réclamez donc un référendum ?
Comme Ségolène Royal l'avait proposé pendant sa campagne, il faudrait que ce traité soit soumis à référendum par le président de la République. Je souhaite que le PS le propose comme il s'y était lui-même engagé dans son projet.
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Voir aussi
la tribune de Georges Sarre dans l'édition du quotidien Le Monde du 18 octobre 2007.