Les détracteurs évoquent un retour en arrière…
La volonté de remettre au goût du jour une morale laïque, déjà chère à Jules Ferry, ne me déplaît pas, ni l'apprentissage du futur antérieur ou du plus-que-parfait en CM2. Une école structurée et ambitieuse est d'autant plus nécessaire aux enfants lorsqu'ils sont issus d'un milieu modeste. Ils ont besoin d'être soutenus et ne peuvent qu'être perdus quand les programmes sont longs, flous, complexes.
La réduction du nombre d'heures de cours liée à la suppression du samedi va-t-elle dans le bon sens ?
Je ne pense pas que les élèves puissent apprendre plus en travaillant moins. L'idée de réduire les horaires du primaire sous prétexte qu'on en fait moins ailleurs en Europe est un argument de gestionnaire. C'est au contraire une chance. Dans les programmes de 2008, il y a malheureusement encore des réminiscences pédagogistes. Quelle que soit la bonne volonté du ministre, celui-ci risque de rester prisonnier de toute la nomenklatura pédagogiste. Les programmes scolaires doivent être simples, compréhensibles à la fois par les parents et par les enseignants. C'est l'objectif que j'avais donné à ceux de 1985, les plus courts de tous. La formule pédagogiste qui place «l'élève au centre de l'école » n'est pas de gauche, Elle est démagogique. Et la droite est souvent incapable de corriger autrement qu'en paroles des dérives nuisibles aux enfants. J'espère que ces nouveaux programmes marqueront une prise de conscience et permettront de lutter contre la dégradation du niveau de maîtrise de la langue française. Mais faut-il le redire ? Tout n'est pas dans les programmes même s'il faut commencer par là.
Propos recueillis par M.-E. P