Agenda et médias

Colloque de la Fondation Res Publica : L'Avenir des Balkans


Poursuite du cycle de colloques de la Fondation Res Publica lundi 24 novembre 2008 à 18h à la Maison de la Chimie (28, rue Saint Dominique 75007 Paris). En voici le programme ci-dessous.


Colloque de la Fondation Res Publica : L'Avenir des Balkans
Avec la participation de :
  • Bertrand Dutheil de la Rochère, Fondation Res Publica
  • Bertrand de Largentaye, conseiller à la Délégation de l’Union européenne auprès de l’OCDE et de l’UNESCO, représentant-adjoint de la Commission de l’U.E. à la Conférence internationale sur l’ex-Yougoslavie
  • Michel Foucher, fondateur de l’Observatoire européen de géopolitique, directeur du Centre d’analyse et de prévision du M.A.E. et conseiller auprès du ministre (1997-2002), ambassadeur en Lettonie (2002-2006), professeur à l’Ecole normale supérieure
  • Youri Roubinski, Institut de l'Europe de l'Académie des Sciences de Russie
  • Jean-Arnault Dérens, rédacteur en chef du Courrier des Balkans
  • Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica

    Inscrivez-vous à l'adresse électronique res-publica@wanadoo.fr (Merci de préciser vos nom et coordonnées complètes). Pour consulter les travaux de la Fondation Res Publica, fondation reconnue d'utilité publique par décret du 30 décembre 2005, une seule adresse : www.fondation-res-publica.org.



Rédigé par Chevenement.fr le Lundi 24 Novembre 2008 à 10:27 | Lu 3906 fois



1.Posté par furaxauboulot le 28/10/2008 20:29
Je tiens à dire que de nombreux Serbes ont apprécié l'objectivité de JPC , étant ici précisé que les intéressés se définissent comme clairement de Gauche...

2.Posté par furaxauboulot le 01/12/2008 21:01
Observatoire du Communautarisme ; une facette méconnue de l'Europe actuelle ( à méditer )

La toile d’araignée identitaire en Europe
Par Pierre Hillard*, auteur de « Minorités et régionalismes dans l'Europe Fédérale des Régions : Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l'Europe », Francois-Xavier De Guibert, 2001.
Les organisations régionalistes, autonomistes ou indépendantistes, s'appuient sur de nombreuses institutions européennes, qui promeuvent une conception ethnique et identitaire de l'Europe. L'influence idéologique de la conception allemande de la nation y est très forte, comme le montre le chercheur Pierre Hillard. Le rôle des Verts dans le développement des revendications "minoritaires" y est également démontré sans détour.

Les prémices annonciateurs de la fragmentation de l’Europe se précisent. Dans B.I n°66, nous avons eu l’occasion de présenter une carte réalisée par le Parti Démocratique des Peuples d’Europe – Alliance Libre Européenne (PDPE-ALE) (1). Les partis indépendantistes présentés ne concernaient que les pays de l’Union européenne à Quinze. Déjà certains accèdent à une gloire toute nouvelle en décrochant la gestion de la politique régionale. C’est le cas de l’ERC (Esquerra Republicana de Catalunaya) de Josep Lluis Carod Rovira, parti indépendantiste catalan qui seconde les socialistes du président de région Pasqual Maragall. Cependant, ces partis indépendantistes auraient une action limitée si les structures politiques naissantes de l’Union européenne (UE) ne leur étaient aussi favorables. Or tout concourt dans les textes fondateurs de la construction européenne à donner une ampleur certaine aux revendications ethno-régionalistes. Le droit européen primant sur le droit national, les représentants politiques régionaux se sentent pousser des ailes pour faire entendre leurs revendications à Bruxelles. Le poids de ces partis les conduit à former des alliances politiques qui font basculer les régions en leur faveur.


Les exigences catalanes
L’exemple espagnol lors des élections de décembre 2003 est particulièrement révélateur. Le parti socialiste catalan n’a pu arriver au pouvoir qu’en raison de l’appui intéressé et déterminant de l’ERC. Cet appui a contraint le président socialiste Pasqual Maragall de la région Catalogne à des accommodements atteignant le sommet de l’Etat espagnol. Ainsi, Pasqual Maragall a su rappeler aux barons du socialisme madrilène qu’en mars 2004 sur onze millions de voix pour le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), un million et demi étaient catalanes. Par conséquent, le gouvernement Zapatero du PSOE est dans l’obligation, pour se maintenir au pouvoir, de ménager la représentation politique catalane. Finalement, le suffrage universel se colore d’une vision ethnique et linguistique qui mine la démocratie espagnole. Le phénomène n’en est qu’à son début et, tout naturellement, le principe du vote identitaire se développera dans la péninsule ibérique. Il ira aussi croissant partout en Europe sans oublier qu’il se doublera des inévitables revendications (religieuses, linguistiques, voire territoriales) de populations extra-européennes.
Le président de l’ERC, Josep Lluis Carod Rovira, sait « gentiment » rappeler aux dirigeants socialistes que « Nous avons voté l’investiture de José Luis Zapatero, mais ce n’est pas un chèque en blanc ! Le PSOE a l’opportunité de montrer que le gouvernement espagnol a un projet d’Etat qui n’est pas celui de la droite. On espère qu’il sera multilingue, multiculturel, multinational et fédéral (…), sinon l’option indépendantiste catalane va aller croissant».
Ce n’est sûrement pas l’effet du hasard si José Luis Zapatero reconnaît comme nécessaire le besoin de redéfinir « l’architecture » de l’Etat espagnol. Un des premiers effets de ce remodelage devrait être la traduction en langue basque, catalane et galicienne de la constitution européenne. Pour ces régionalistes, en particulier catalans, cette traduction est justifiée. Si des Estoniens, des Maltais ou des Danois numériquement moindres ont leurs propres versions, pourquoi « discriminer » les Catalans fort de leurs six millions et demi d’habitants.


Les revendications basques
Un autre incendie promet de se prolonger bien au-delà de la période estivale ; c’est le Pays basque espagnol. En effet, le président du Pays basque, Juan José Ibarretxe, souhaite que sa région soit librement associée à l’Espagne avec une délégation nouvelle de pouvoirs (administratifs, judiciaires, droit à l’autodétermination, …) ainsi qu’une reconnaissance de la nationalité basque. A cela, le Pays basque devrait même obtenir, selon ses défenseurs, une représentation directe à tous les niveaux des instances européennes (cf. B.I n°83). Le débat politique doit commencer dès l’automne 2004 (plan Ibarretxe) (2). Dans cette affaire, le gouvernement basque est composé des partis politiques suivants : PNV (Parti Nationaliste Basque, membre de l’Alliance Libre Européenne), Eusko Alkartasuna (membre de l’Alliance Libre Européenne) et Ezker Batua-Izquierda Unida (Gauche Unie). Les passions identitaires ne sont donc pas prêtes de s’éteindre surtout quand elles sont excitées de l’extérieur. Comme nous avons eu l’occasion de l’écrire, ces élans s’expliquent en raison du caractère favorable à la cause ethno-régionaliste des instances bruxelloises, mais aussi en raison des activités de troupes d’avant-gardes accueillant en leur sein ces partis indépendantistes permettant ainsi l’accélération de la fragmentation européenne. Le rôle grandissant et corrosif de l’Alliance Libre Européenne (ALE) dirigée depuis juillet 2004 par Ian Hughton (membre du Scottish National Party, SNP) alliée aux Verts (Verts/Alliance Libre Européenne : co-présidents Monica Frassoni et Daniel Cohn-Bendit) est particulièrement significatif.


L’alliance Verts/ALE
La plupart des partis politiques européens comme le PSE (Parti Socialiste Européen) et le PPE (Parti Populaire Européen) est acquise au principe du super Etat ainsi qu’à la délégation croissante de pouvoirs politiques aux régions. Mais pareil au leurre que l’on utilise pour les courses de lévriers, l’ALE joue un rôle d’entraînement car elle est à la pointe du combat. En mars 2004, ce parti politique a pris un nouvel essor en instaurant une association renforcée entre les différents mouvements indépendantistes régionaux. Ne s’appelant plus PDPE-ALE mais uniquement ALE (Alliance Libre Européenne), trente partis politiques ont signé à Barcelone la déclaration donnant naissance à ce parti politique européen. Un manifeste électoral, « Vers une Europe de la diversité », a aussi été adopté (3). Les dossiers prioritaires pour l’ALE sont : le combat en faveur d’une bicaméralisation, composée du Parlement européen (directement élu par les citoyens européens) et du Conseil ou Sénat (composé des représentants des entités territoriales autonomes), la reconnaissance de toutes les langues européennes, le transfert « aux autorités décentralisées du contrôle et de la gestion des Fonds structurels », « la liberté de mettre en place une coopération interrégionale et transfrontalière en dehors de toute ingérence des Etats. Développement des eurorégions (régions européennes transcendant les frontières des Etats membres) », le refus de toute discrimination fondée sur l’origine ethnique, religieuse, sexuelle (ndlr : conformément aux articles 21 et 22 de la charte des droits fondamentaux) et l’instauration d’une politique étrangère commune pour l’Europe.
Ces « Tables de la Loi » sont amenées à peser lourd dans le paysage politique européen en raison de l’alliance entre ces partis régionalistes indépendants et les Verts. Ces derniers ont été les premiers à fonder en février 2004 « un parti Vert européen » à Rome réunissant sous un toit unique toutes les mouvances vertes des Etats de l’Union. Les Verts d’outre-Rhin, les plus puissants d’Europe, véhiculent une pensée politique imprégnant désormais ce nouveau parti européen qui a bénéficié lors de son lancement de l’adoubement du ministre des Affaires étrangères d’Allemagne, Joschka Fischer. Le journaliste Konrad Schuller de la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung s’est fendu d’un article consacré à la naissance de ce parti vert européen avec un titre sans nuances mais juste : « Sous direction allemande, les Verts du Continent » (Unter deutscher Führung, die Grünen des Kontinents, 22.02.2004). Il est vrai que les principes défendus par les Verts/ALE correspondent aux documents germano-européens qui structurent de plus en plus l’Union. L’influence de ce parti est d’autant plus grande qu’on assiste à une multiplication des régions européennes se ralliant à la bannière de l’ALE ainsi qu’au rôle déterminant d’organismes travaillant au service du ministère de l’Intérieur allemand (BMI, Bundesministerium des Innern) comme l’Union Fédéraliste des Communautés Ethniques Européennes (UFCE) et l’European Center for Minorities Issues (ECMI). Ainsi, de proche en proche, les thèmes chers à la spiritualité politique allemande comme la régionalisation et la reconnaissance du phénomène identitaire rentrent de plus en plus dans le débat politique des Etats de l’Union.


La nouvelle carte de l’Europe
Carte des Verts/Alliance Libre Européenne, 2004 Avant d’avancer plus loin dans l’entrelacs identitaire, nous devons comparer l’évolution de ce phénomène avec la carte ci-jointe des Verts/Alliance Libre Européenne, élaborée au printemps 2004 (4), avec celle de 1997 (cf. B.I n°66). ( voir sur le site mentionné au début du message , édifiant !!!) En partant d’Ouest vers l’Est, on constate que l’Espagne est fragmentée en trois régions supplémentaires par les Verts/ALE (l’Andalousie, l’Aragon et les Iles baléares). Des régions italiennes comme la Vénétie et l’Emilie-Romagne ont, elles aussi, adhéré à ce parti. Cette nouveauté italienne est d’autant plus importante que ces régions appartiennent déjà à la communauté de travail Alpen-Adria, fille de l’institut germano-européen l’ARFE (Association des Régions Frontalières Européennes, cf. B.I n°55). L’Alsace-Lorraine, étonnement intégrée au corps germanique (carte de 1997), se trouve détachée, formant une entité à part comme une sorte de terre d’Empire (Reichsland) d’avant 1914. Le phénomène est inverse pour la Savoie (rattachée à la France en 1997 mais détachée en 2004). Mais c’est l’Europe centrale qui connaît les plus grandes modifications. Avec l’élargissement à 25 depuis le 1er mai 2004, on assiste à une fragmentation des Etats européens sur la façade orientale de l’Allemagne. Le sud de la Lituanie avec sa minorité polonaise, la Silésie, la Moravie, le territoire sud le long de la Slovaquie, le Banat de Serbie, la Transylvanie roumaine (ces trois dernières régions sont à forte majorité hongroise) (5) et la Macédoine grecque (avec débouché sur la mer avec Salonique, port qui a connu et connaît tant de trafics) ont rallié les Verts/ALE. Même si une frontière d’Etat continue à exister entre l’Albanie et le Kosovo, la carte de 2004 présente cependant ces deux territoires avec la même couleur bleue. Ceci n’est sûrement pas dû à un manque de couleur. ( prémonition de l'auteur ???!!!) Ainsi, de part et d’autre des frontières occidentales et orientales de l’Allemagne ou, plus exactement, du corps germanophone, les Etats de l’UE se fissurent, se craquèlent. Une multitude de nains régionaux entoure l’entité du centre de l’Europe qui, elle, ne bouge pas.
Le ralliement aux Verts/ALE, les caractéristiques et les objectifs de ces régions d’Europe centrale sont particulièrement bien résumés par Bartlomiej Swiderek, membre du bureau exécutif et responsable des affaires internationales du mouvement autonomiste silésien : « La Silésie, ou plus précisément la Haute-Silésie où le Mouvement Autonomiste Silésien est politiquement actif, est considérée comme une « Région-Nation » située entre la Pologne, l’Allemagne et la Bohême. Il ne s’agit pas d’une nation au sens strict du terme, mais d’un mélange de composantes linguistiques, culturelles et identitaires, que ces éléments soient germaniques, polonais, tchèques ou seulement silésiens (…). La principale revendication du Mouvement Autonomiste Silésien est l’autonomie politique, fiscale et culturelle de la Silésie au sein d’une large communauté européenne de régions. Une telle autonomie devrait être calquée sur le modèle catalan ou plus généralement sur le système des Länder allemands ou autrichiens. En tant que mouvement fédéraliste, le Mouvement Autonomiste Silésien veut voir la Pologne se transformer en fédération de régions capables de jouer un rôle significatif au sein d’une Europe décentralisée (…). Nous sommes très actifs dans le domaine de la coopération inter-régionale avec des mouvements et partis politiques analogues à travers l’Europe, en particulier avec ceux qui appartiennent au parti de l’Alliance Libre Européenne des Peuples d’Europe. Nous tissons avec prudence des liens avec d’autres mouvements, ce qui signifie que nous coopérons seulement avec les partis politiques qui sont pleinement démocratiques, qui s’abstiennent de violence et ne représentent pas une position extrémiste. Au titre de nos partenaires, nous comptons ainsi la Ligue savoisienne, le Parti Nationaliste Basque (PNV) et Solidarité Basque (Eusko Alkartasuna), le Plaid Cymru gallois ou le Parti Démocratique Morave. Comme l’Union européenne s’engage avec beaucoup d’enthousiasme dans les affaires régionales, nous considérons que cette structure est l’une de celles qui nous permettront de réaliser notre objectif : une Silésie autonome au sein d’une Europe des régions (…) ».
Les principes défendus par ce Mouvement Autonomiste Silésien prennent une toute autre couleur au sein d’un parti européen comme les Verts/ALE qui amplifient ces revendications. Il est d’ailleurs intéressant de souligner que cette représentation silésienne a une représentation en Pologne (Rybnik) et à Bruxelles (ce qui est normal), mais aussi en Allemagne (à Bensheim) et aux … Etats-Unis (à Clearwater). Cependant, derrière les structures des Verts/ALE et en liaison avec elle, prolifère une multitude d’instituts qui permettent les échanges et une politique commune entre tous ces mouvements régionalistes. Il n’est pas possible d’évoquer les multiples rencontres et colloques qui réunissent dans un front commun les partisans d’une Europe tribale. Toutefois, nous citerons quelques exemples décrivant la toile identitaire et le rôle significatif de l’Allemagne dans cette affaire.


[Le rôle de l’Allemagne]
Le 49è Congrès de l’UFCE a eu lieu du 20 au 22 mai 2004 en Pologne au château de Kamien Slaski. Un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur allemand, Detlev Rein (successeur de Rolf Gossmann), encadrait cette réunion où se pressait l’intelligentsia identitaire. L’équipe dirigeante de l’UFCE est internationale : suisse, croate, danoise … Mais nous pouvons relever que cette équipe dirigeante de l’UFCE a un représentant britannique ou, plus exactement, cornouallais en la personne de Nigel Hicks (membre du Cornish Stannary Parliament). La collusion entre les Verts/ALE et l’UFCE se révèle en particulier avec la présence du Rainbow party (parti macédonien de Grèce) qui est membre adhérent de ces deux entités. Lors du congrès de l’ALE et du Rainbow party le 30 mai 2004 à Thessalonique, un des vices-présidents de l’UFCE, Bela Tonkovic, y participait au côté de Georg Nakratzas, conseiller aux affaires balkaniques de l’Alliance Libre Européenne. Les liens transversaux se multiplient avec d’autres instituts qui entretiennent des liens avec le ministère de l’Intérieur allemand via l’UFCE. Ainsi, lors de son congrès en 1998 à Prague, l’UFCE accueillait Bojan Brezigar, président du Bureau for Lesser Used Languages (EBLUL). Or le vice-président de l’EBLUL, Jean-Luc Fauconnier, a participé à la conférence organisée par Eurig Wyn (député gallois du Plaid Cymru au sein de l’ALE) le 13 octobre 2003 afin de discuter de la création d’une Agence européenne pour la diversité linguistique. A côté de ces dirigeants, se pressaient le dirigeant galicien du Bloque Nacionalista Galego (BNG) adhérent à l’Alliance Libre Européenne, Camilo Nogueira, un haut fonctionnaire de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), John Packer, dont nous retrouvons la présence lors du congrès de l’UFCE à Bozen en 2003 ou encore François Grin, membre de l’équipe dirigeante de l’ECMI. Cet institut qui travaille en liaison avec le ministère de l’Intérieur allemand (un des fondateurs de l’ECMI est Manfred Carstens, haut fonctionnaire au BMI) entretient lui aussi des liens étroits avec l’UFCE. Les représentants de l’ECMI, son directeur Marc Weller, et l’équipe dirigeante de l’UFCE se sont rencontrés le 31 mars 2004 afin de définir et de répartir les tâches entre les deux instituts. Tous ces contacts et échanges sur la question identitaire ont pris un tour certain avec la réalisation d’un programme intitulé Déclaration de Bozen le 1er mai 2004 sous l’égide de l’EURAC (European Academie, Académie Européenne de Bozen fondée en 1992 à l’initiative du Sud-Tyrol).


La promotion identitaire
« Minorités et régionalismes dans l'Europe Fédérale des Régions : Enquête sur le plan allemand qui va bouleverser l'Europe », Pierre Hillard, éditions Francois-Xavier De Guibert, 2004 Suite à un colloque tenu dans cette ville les 30 et 31 janvier 2004 où plus de 90 ONG, experts et politiques se pressaient, plusieurs objectifs ont été définis. Ainsi, l’accélération de la promotion identitaire dans toute l’Europe doit être améliorée grâce à la coopération entre le Conseil de l’Europe, l’OSCE et l’Union européenne. Par ailleurs, la protection des minorités doit devenir un des critères de l’Union européenne validant le respect des droits de l’homme par les différents Etats membres. Les signataires de cette Déclaration de Bozen sont entre autres : Bojan Brezigar (président de l’EBLUL), Michl Ebner, député italien germanophone au Parti Populaire Européen (PPE) à l’origine de l’adoption de la résolution en faveur des langues minoritaires et régionales et de la diversité linguistique (Commission de la culture, septembre 2003). Or c’est le même Michl Ebner que nous retrouvons lors du congrès de l’UFCE à Bozen en 2003 à côté d’ailleurs du secrétaire général de l’EBLUL, Markus Warasin. A cette liste de signataires, nous retrouvons John Packer (OSCE), Marc Weller (directeur de l’ECMI), Joseph Marko proche de l’UFCE, collaborateur à la revue Europa Ethnica et membre du comité consultatif de la convention-cadre pour la protection des minorités (pour l’année 1999) et Gabriel von Toggenburg, membre actif de l’EURAC et dont nous retrouvons la participation au congrès de l’UFCE au congrès de Bozen en 2003. En plus de cette Déclaration de Bozen, un ouvrage intitulé Minority protection and the enlarged European Union a vu le jour. Parmi les nombreux rédacteurs de ce livre, nous trouvons en plus de certains noms cités ci-dessus la participation de Rainer Hoffmann, président du comité consultatif en charge de vérifier la bonne application de la convention-cadre pour la protection des minorités (mais aussi membre de l’équipe dirigeante de l’ECMI) et un des éditeurs de la revue Europa Ethnica proche de l’UFCE. Ce dernier personnage entretient un lien direct avec le gouvernement allemand. Rappelant la mission de Rainer Hoffmann, le ministère des Affaires étrangères allemand a rappelé clairement les origines de sa nomination : « Le président actuel du Comité (ndlr : de la convention-cadre pour la protection des minorités) est un professeur de droit envoyé par le gouvernement fédéral (Professeur Dr. Rainer Hoffmann, Université de Kiel) » (8).
Tous les travaux que nous relevons, connaissent une approbation et une application au plus haut sommet des instances européennes. En effet, même si l’EURAC remplit une fonction essentielle, une section spéciale de cet institut de Bozen s’occupe du processus d’intégration européenne en liaison avec la protection des minorités. C’est sous l’égide du PECEDE (Platform for an Enriching Culturally and Ethnically Diverse Europe) créé, outre par l’EURAC, par la Commission européenne et l’Open Society Institute (OSI, institut mondialiste) que s’élaborent les mesures identitaires. La portée de ces initiatives est complète lorsque l’on sait que l’ECMI, l’UFCE ou encore l’Académie Européenne de Bozen travaillent au sein du Conseil de l’Europe, en particulier dans la section consacrée à la bonne application de la convention-cadre pour la protection des minorités. L’influence anglo-saxonne n’est pas à négliger puisque nous devons ajouter à ces instituts susmentionnés la participation du Minority Rights Group International (Londres) et du Project on Ethnics Relations (PER, Princeton, Etats-Unis). La présence du PER au sein des instances européennes fondée en 1991 et qui a pour mission de prévenir les conflits ethniques en Europe centrale et orientale, dans les Balkans et en Russie révèle aussi l’influence très intéressée des Etats-Unis. De nombreux organismes américains apportent leurs soutiens au PER. Doit-on s’étonner si on y trouve la Carnegie Corporation de New York, le US Department of State, le Rockfeller Brothers Fund, la Ford Foundation ou le German Marshall Fund (cf. B.I n°88) pour ne citer que ces quelques organismes de soutien.
Comme on peut le constater, la toile identitaire est vaste. En tout cas, l’abondance des textes et l’importance de leurs concepteurs placés à des secteurs clefs nous permettent d’affirmer que le processus de fragmentation de l’Europe ne peut que s’accélérer. Le SNP (membre des Verts/ALE) a déjà présenté le 16 septembre 2002 un projet de constitution écrite dans le cadre d’une Ecosse indépendante intitulé A Constitution for a Free Scotland (9). Les propos de John Swinney, dirigeant du Scottish National Party (SNP) affirmant en 2003 que l’Ecosse serait indépendante pour 2007 (10) sont révélateurs de l’optimisme qui règne parmi ces mouvements régionalistes. Que cela soit réalité ou simples vœux un peu précipités de la part de ce dirigeant écossais, de tels propos manifestent la vigueur et l’ambition du SNP comme aussi de l’ensemble de ces partis régionalistes indépendantistes en Europe. Les dirigeants Verts/ALE sont donc appelés à être dans l’avenir de plus en plus satisfaits de la tournure des événements sur le vieux continent. Mais ne voient-ils donc pas qu’ils ouvrent en vérité une boîte de Pandore où instabilités, guerres et affaiblissement de l’Europe en général prendront de plus en plus les traits d’un immense chaos du type yougoslave ?


Notes
1) Voir la carte du Parti Démocratique des Peuples d'Europe - Alliance Libre Européenne (PDPE - ALE), 1997 en format JPEG (n.b. : pour une meilleure lecture de la carte, il faut l'enregistrer sur votre disque dur)
2) L’intégralité du plan Ibarretxe est disponible sur :
www.nuevoestatutodeeuskadi.net/docs/estatuvasco_fr.pdf
3) www.greens-efa.org/pdf/documents/EFAnewsletter/EFAnewsBarcelonaSpring2004.pdf
4) Voir la carte des Verts/Alliance Libre Européenne, 2004 en format JPEG (n.b. : pour une meilleure lecture de la carte, il faut l'enregistrer sur votre disque dur)
Membres des Verts/Alliance Libre Européenne en 2004 : Bloque Nacionalista Galego (BNG), Chunta Aragonesista, Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), Eusko Alkartasuna (EA), Fryske Nasjonale Partij, Liberta Emiliana-Nazione Emilia, Liga Fronte Veneto, Ligue savoisienne, Lithuanian Polish People’s Party, Mebbyon Kernow, Mouvement Région Savoie, Partei der Deutschsprachigen Belgier, Partido Andalucista, Parti Occitan, Partito Sardo d’Azione, Partitu di a Nazione Corsa, Plaid Cymru (Party of Wales), Rainbow-Vinozhito, Scottish National Party (SNP), Silesian Autonomy Movement, Slovenska Skupnost Spirit, Union démocratique bretonne, Union du peuple alsacien, Union für Südtirol, Union Valdôtaine, Unitat Catalana.
Observateurs : Hungarian Federalist Party, Moravian Democratic Party, Partido Nacionalista Vasco, Parti Socialista de Mallorca i Menorca-Entesa Nacionalista, Transilvanian Party.
5) On peut constater que ces trois ensembles correspondent aux frontières de la grande Hongrie durant la seconde guerre mondiale.
6) www.fuen.org/pages/deutsch/d_5a_2002.html, Pressemitteilung 2004 – 29
7) Voir aussi B.I n°60 : discours de Bujar Ibishi, représentant albanais de Macédoine et président de l’ADI (Association for Democratic Initiatives) lors du congrès de l’UFCE en 2001 au Pays-Bas à Heerenveen.
8) www.auswaertiges-
amt.de/www/de/aussenpolitik/menschenrechte/mr_inhalte_ziele/mrb6/teil_a/9/9_6_html
Le comité consultatif en charge de vérifier la bonne application de la convention-cadre pour la protection des minorités a été remanié. Depuis juin 2004, Rainer Hoffmann n’est plus président.
9) www.greens.efa.org/pdf/documents/EFAnewsletter/EFAnewsSept-Oct2002.pdf, p. 6
10) www.greens.efa.org/pdf/documents/EFAnewsletter/EFAnewsMarch-April2003.pdf, p. 12


(*)Pierre Hillard a fait des études d'histoire, de sciences politiques et d'études stratégiques. Il enseigne l'histoire-géographie. Il a signé des articles dans les médias suivants : Le Figaro, Géostratégiques, Conflits Actuels, Intelligence et Sécurité, Balkans-Infos.

Son second ouvrage est paru en 2005 : La décomposition des nations Européennes : de l'union euro-atlantique à l'Etat mondial aux éditions Francois-Xavier De Guibert.

3.Posté par Naradatta le 01/12/2008 22:13
@ furaxauboulot

Hillard est surtout un proche du FN, qui, tout heureux d'être méritant, aime bien faire de la propagande pour son maîmaître. Il a ainsi récemment accusé NDA d'être un agent infiltré des américains (Lamassoure disait, lui, des chinois, faut savoir).

4.Posté par furaxauboulot le 02/12/2008 19:24
Ca n'a pas l'air d'être le cas :


Interview exclusive de Pierre Hillard

à Objectif-France Magazine




Objectif-France (OF) - Le projet de « traité établissant une constitution pour l’Europe » contient 448 articles, 2 protocoles, des déclarations et des annexes, ces suppléments doublant le volume initial. Cette profusion n’induit-elle pas un risque majeur : marginaliser les citoyens des différents Etats membres dans ce processus européen ? Dans le cadre de la campagne référendaire, les politiques, en fonction de leur positionnement, qualifient le projet de : fédéral, supranational, fédération d’Etats-nation, de libéral, d’ultralibéral …

Et vous, comment l’identifiez-vous ?



P. HILLARD (PH) - Au moment de la Révolution française ou, plus exactement, à la fin du Directoire, l’abbé Sieyès souhaitait mettre en place une constitution. Ceci fit dire à Charles-Maurice de Talleyrand : « Une constitution doit être courte … mais surtout obscure ». Dans le cas de la constitution européenne, celle-ci cumule toutes les tares ; elle est interminable et d’un abord fort rebutant. Une chose est sûre. Elle reconnaît la supériorité du droit européen sur le droit national (article I-6), donc exit de la souveraineté des Etats, et officialise les principes ethniques (articles I-2, II-81, II-82). Avec ces textes, les citoyens des Etats nationaux se fondent dans le magma européen. Cette constitution est supranationale dans son organisation politique et libérale dans son organisation interne. Elle favorise une régionalisation traitant directement avec Bruxelles. Les lobbies en tout genre, et anglo-saxons entre autres, vont pouvoir s’en donner à cœur joie.



OF – En cas de victoire du oui, à quelles évolutions peut-on s’attendre concernant la place de la France dans l’Europe et dans le monde ? Que pensez-vous de la création d’un poste de Ministre des Affaires étrangères ? Par ailleurs, est-il exact que ce projet nous impose une mainmise de l’OTAN sur notre défense ?



PH - Si le oui l’emporte le 29 mai, on peut affirmer que la France quitte la scène internationale au profit de cet Etat européen. L’article I-7 est très clair : « L’Union a la personnalité juridique ». Ceci signifie que l’Union pourra négocier et signer des traités en son nom propre au dépens des Etats. Dans la foulée, l’émergence d’un poste de ministre des Affaires étrangères est logique puisqu’il impulserait la politique de cet Etat européen nouvellement formé. Ce dernier serait à la remorque de l’OTAN, c’est-à-dire des Etats-Unis, puisque l’article I-41 affirme sans détours que « La politique de l’Union (…) respecte les obligations découlant du Traité de l’Atlantique Nord (…) ». Autant dire que l’Union européenne deviendrait la « légion étrangère » du Pentagone.



OF – En cas de victoire du non, comment voyez-vous l’après référendum ? Y a-t-il un risque de chaos ? La France sera-t-elle le mouton noir de l’Europe ?



PH - Si le non l’emporte, le projet européiste sera momentanément arrêté. Certes, cela sera une victoire pour les tenants de la cause nationale. Cependant, nous ne devrons pas nous bercer d’illusions. L’arrêt du processus européiste ne signifierait pas une victoire complète. Nous serons toujours pris dans l’étau du moloch bruxellois dans le cadre du Traité de Nice. Le véritable changement est celui qui consiste à divorcer de l’Union européenne afin de retrouver notre indépendance politique. Par la suite, nous pourrions entretenir des coopérations étroites avec d’autres Etats dans différents domaines comme nous le pratiquons déjà pour Airbus ou Ariane. Loin d’être le chaos, c’est une renaissance qui attendrait la France et, par ricochet, les autres pays de l’Union qui pourraient faire sécession. La France deviendrait la figure de proue du renouveau des Etats mais aussi de la civilisation européenne.



OF – Le fantôme du général de Gaulle plane, une fois de plus, sur cette période de campagne. Si l’on se réfère uniquement à ses actions, à ses prises de position, à ses discours, à ses écrits, qu’elle est le positionnement qui répond le mieux au qualificatif de gaulliste ? Pourquoi ?



PH - Le terme qui répond le mieux au qualificatif de gaulliste est, à mon avis, celui de résistant. La politique du général de Gaulle a toujours été de s’opposer au principe de l’Empire. L’Union européenne est un Empire en formation destructeur de la nation France. Le général de Gaulle se serait élevé contre cet Empire germano-anglo-saxon inféodé à Washington. Le grand malheur pour la France est de ne pas avoir un grand homme, un politique véritable, à la tête du pays. Cependant, nous ne devons pas désespérer. En histoire, la roue tourne.



OF – Pour ce qui vous concerne, que ferez-vous le 29 mai ?



PH - Devinez …




5.Posté par furaxauboulot le 02/12/2008 19:28

Vous avez probablement raison Naradatta:

Il existe depuis 1977 un « Cercle Jacques Bainville » (CJB)[3], regroupant les étudiants de l'Action française à l'université d'Assas.

À l'occasion du 70e anniversaire de sa mort, une « Journée Jacques Bainville » eut lieu le samedi 25 février 2006 à Paris. Différentes conférences furent données :

celle de Christophe Dickès, docteur en histoire, journaliste à Canal Académie, radio des cinq Académies (Institut de France), intitulée « Jacques Bainville et l'Europe » ;
celle de Pierre Hillard, docteur en science politique, professeur d'histoire, spécialiste de l’Allemagne et des affaires européennes, auteur de Minorités et régionalismes dans l’Europe fédérale des régions et de La décomposition des nations européennes, intitulée « Jacques Bainville, un modèle pour comprendre l'avenir » ;
celle de Pierre Pujo, journaliste, directeur du journal Action française 2000, auteur de Un demi-siècle d'Action française et L'autre Résistance, l'Action française sous l'Occupation, intitulée « Jacques Bainville et l'Action française ».

6.Posté par Naradatta le 03/12/2008 10:03
@furaxauboulot

La diffamation et les thèses conspirationnistes ont depuis toujours été le fait de l'extrême droite. C'est comme le sans-papiérisme/soutien tacite au Hezbollah d'un Besancenot.
Ca permet de se payer un ersatz de conscience politique à pas cher.

Cordialement.

7.Posté par furaxauboulot le 10/12/2008 22:25
L'analyse , cartes édifiantes à la clef ne peut qu'interpeller les Chevènementistes. Quelque soit le source , ce qui est dit est-il vrai ou faux ?

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