30/01/2012 | 1837 vues
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Chevènement, après la mort de Séguin : "Dommage que nos chemins n’aient fait que se croiser"Entretien de Jean-Pierre Chevènement avec Public Sénat, propos recueillis par François Vignal, paru sur Le Post, jeudi 7 janvier 2010.
L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, ex-socialiste aujourd’hui président du Mouvement républicain et citoyen, éprouve « beaucoup de peine » après l’annonce du décès de Philippe Séguin. « J’aurais aimé que les Républicains des deux rives puissent s’unir pour proposer une perspective à la France face à la dérive libérale et européiste », dit-il.
Philippe Séguin était un fervent républicain, comme vous. Comme réagissez-vous à son décès ? Jean-Pierre Chevènement : J’éprouve beaucoup de peine. Nos chemins se sont croisés. Nous avons combattu ensemble le Traité de Maastricht au nom d’une certaine idée de la République et de la France. Il est dommage que nos chemins n’aient fait que se croiser. J’aurais aimé que les Républicains des deux rives puissent s’unir pour proposer une perspective à la France face à la dérive libérale et européiste à laquelle nous sommes confrontés. Quelles relations aviez-vous avec lui ? Nous sommes restés en contact jusqu’en 1995, quand il était Président de l’Assemblée nationale. Ensuite il a essayé de peser sur la campagne présidentielle de Jacques Chirac, avec le discours sur la fracture sociale. Mais Chirac ne l’en a pas récompensé, sauf avec une nomination tardive à la Cour des comptes, synonyme de fin de sa carrière politique. A ce moment là, sa voix a manqué à la France. Vous sentiez-vous parfois plus proche de lui que de certains camarades de gauche, notamment du Parti socialiste ? Philippe Seguin avait une fibre sociale, c’était un gaulliste de gauche. Sur beaucoup de sujets, nous nous étions trouvés. J’ai cherché à rassembler le plus largement autour du pôle républicain, lors de ma candidature à la présidentielle de 2002. Mais la vie politique est ainsi structurée qu’en de telles circonstances, nous ne nous retrouvions pas dans le même camp. C’est le lot du bipartisme largement factice. Recueilli par François Vignal Source : Le Post Rédigé par Jean-Pierre Chevenement le Jeudi 7 Janvier 2010 à 17:41 | Lu 3556 fois
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