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Alstom: lettre de Jean-Pierre Chevènement au Premier Ministre Manuel Valls


Lettre de Jean-Pierre Chevènement au Premier Ministre Manuel Valls, en réaction au rachat supposé de la branche Energie d’Alstom par General Electric, en date du 25 avril 2014. Une correspondance de même nature a également été adressée le même jour à M. le Ministre de l’Economie et du Redressement Productif Arnaud Montebourg.


Monsieur le Premier Ministre,

La presse économique (Les Echos du 25 avril 2014 et Le Figaro économie du même jour) annoncent comme très avancé le projet de rachat de la branche énergie (Alstom Power) par General Electric.

Le groupe américain a déjà repris en 1999 la branche « turbines à gaz » quand Alstom a choisi de reprendre les turbines à gaz fabriquées en Suisse.

Ce fut une énorme erreur à laquelle Alstom a failli ne pas survivre.

Avec le recul de quinze ans, nous constatons que cette opération autorisée par le Gouvernement de l’époque a abouti à deux résultats : Alstom a vu sa part du marché dans les turbines à gaz, qu’elle fabrique désormais en Suisse, se réduire considérablement. Par ailleurs, General Electric, s’il a dans un premier temps développé ses fabrications à Belfort, tend aujourd’hui à relocaliser une part de ses fabrications aux États-Unis, ce qui correspond, semble t-il, aux orientations données par le Président Obama.

Cette évolution illustre la nécessité de maintenir en France les centres de décision, comme vous l’avez d’ailleurs évoqué. Nous savons ce que nous a coûté l’abandon d’Usinor-Sacilor à Arcelor, au prétexte de constituer un groupe européen, puis à Mittal, la France s’étant désarmée en acceptant le choix du Luxembourg pour l’implantation du siège social d’Arcelor.

Il en est allé de même avec Péchiney, abandonné à Alcan sur décision de la Commission européenne avec comme conséquence la fermeture de l’usine de St Jean de Maurienne.

Hier, c’était le tour de Lafarge dont le siège social a été délocalisé de Paris à Zurich.

Aujourd’hui, la reprise de la branche énergie d’Alstom porterait un coup fatal à l’indépendance de notre filière électronucléaire. Elle signifierait l’abandon par la France d’un des deniers pans de son industrie d’équipement : turbines à vapeur, alternateurs de moyenne et de grande puissance etc.

Comme l’observe le journal Les Echos, la fuite des centres de décision est dramatique : lorsqu’on mesure pleinement les conséquences, comme à la guerre il sera trop tard pour livrer bataille.

C’est pourquoi je vous demande instamment, Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir faire valoir aux actionnaires et aux dirigeants des groupes concernés que ce transfert de propriété est hors de question. A travers les marchés publics, l’État a les moyens de se faire entendre.

Vous remerciant d’une prompte intervention, je vous prie de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l’assurance de ma considération distinguée.


Rédigé par Jean Pierre Chevenement le Samedi 26 Avril 2014 à 09:08 | Lu 7671 fois



1.Posté par Eric CAVALIER le 26/04/2014 09:32
Enfin une réaction politique à la poursuite du pillage de l'industrie nationale! Mais combien de temps faudra-t-il pour que nos "responsables" politiques de tous bords comprennent que l'internationalisme politique ou économique n'est qu'un paravent derrière lequel les prédateurs les plus puissants dissimulent leurs appétits d'élimination ou de domination? Et ensuite les mêmes viendront s'étonner que le chômage ne peut être jugulé, que le pouvoir d'achat ne peut être augmenté, que les acquis sociaux sont de facto en régression faute d'avoir gardé le contrôle sur la création des richesses nationales. A quoi servent des hommes ou femmes politiques si c'est pour organiser la curée d'un pays au seul bénéfice de leur carrière ou de leur ego? L'asservissement va toujours de pair avec l'appauvrissement, et c'est la pente qu'ont choisie tous les gouvernements depuis 40 ans... Peuple de France, réveille-toi, le "lavalisme" est de retour et ton élite te gouverne depuis les fourgons de l'étranger...

2.Posté par Cejour KIMALU le 26/04/2014 10:26
Pour mémoire…

Extraits de « C’ETAIT DE GAULLE » d’Alain PEYREFITTE

Salon doré, 27 février 1963.
GdG : (…) Les Etats-Unis ne sont pas fichus d’avoir un BUDGET en EQUILIBRE. Ils se permettent d’avoir des DETTES ENORMES. Comme le DOLLAR est partout la MONNAIE DE REFERENCE, ILS PEUVENT FAIRE SUPPORTER PAR LES AUTRES LES EFFETS DE LEUR MAUVAISE GESTION. Ils exportent leur inflation dans le monde entier. C’est inacceptable, ça ne doit pas durer.


Et aussi :
(…)
Salon doré, 30 avril 1963.
GdG – Les Américains sont engagés dans un PROCESSUS de MAINMISE sur l’ensemble des CIRCUITS ECONOMIQUES, FINANCIERS, MILITAIRES, POLITIQUES dans le MONDE. C’est une INVASION qui se déroule COMME LE COURS D’UN FLEUVE. Les Américains le voudraient-ils, ils ne pourraient pas s’y opposer. D’ailleurs, il n’y a pas de risque qu’ils le veuillent. Qui dresse une digue ? Ce n’est pas le fleuve. Ce sont les hommes qui ont intérêt à se mettre à l’abri de l’inondation. Or, personne n’en a le courage.
(…)

(Source Le Livre de Poche – 2009 – Tome II, pages 99 à 113 – Partie I, Chapitres 12, 13 , 14…)
(Première publication : 1994)

3.Posté par Olivier D'AREXY le 26/04/2014 15:06
Il y a une illusion dans ce monde de l'homo économicus, qui est de croire que le travail des ingénieurs, cadres, employés ouvriers, capitalisé depuis des années voire des siècles, est monnayable évaluable par quelques analystes financiers à la solde des fonds de pension et d'un capitalisme néo-libéral aveugle qui ne sait distinguer la valeur intrinsèque des entreprises de leur valeur financière d'échange ( qui correspond à un rapport de force entre l'offre et la demande) et de la valeur d'usage. C'est ainsi que disparaissent des pans entiers de notre industrie de savoir faire et les capacités de notre pays à répondre aux défis énergétiques futurs. Plus que jamais Alstom devrait rester français voire européen ( avec Siemens?)
Il est plus que temps aux européens d'agir pour garder la maitrise de leur moyen de production industrielle.

4.Posté par Eric CAVALIER le 26/04/2014 17:59
Méfions-nous des faux-nez d'une fausse Europe... Siemens n'est pas nécessairement le meilleur partenaire et certains de nos puissants voisins ne sont guère plus enthousiasmants pour l'avenir de notre industrie que les américains. Alstom a déjà été puissamment aidé par l'Etat Français il y a encore peu, il doit rester Français car l'Europe telle qu'elle est conçue se construit clairement contre la France et bientôt sur ses mânes. Il serait bon de rappeler aussi qu'EADS doit tout à l'Aérospatiale, rien aux allemands, et que la démission politique à fin 2012 a laissé ce joyau échapper au contrôle des Français pour offrir une part égale à l'Etat Allemand qui était absent du capital et laissé succéder un Allemand ancien officier d'etat-major de la Bundeswehr et président d' Atlantik Brücke e.V., donc volontairement soumis à certaines formes d'atlantisme. C'est ce même personnage qui a placé le capital d' EADS sous l'arbitrage des actionnaires et donc du marché; on pourra en mesurer les conséquences à terme. De la même manière, nous avons laissé Carlos Ghosn brader Renault Trucks et avec elle la division Défense de Renault trucks. A aucun moment nous n'anticipons, à aucun moment nous ne pensons au principe de sécurité nationale; le laisser-faire, laisser partir, laisser détruire semble être notre seule ligne de conduite. Au bénéfice de qui?

5.Posté par Olivier D'AREXY le 26/04/2014 18:53
"l'Europe telle qu'elle est conçue se construit clairement contre la France" C'est bien plus là qu'est le problème et donc oui Siemens serait une mauvaise solution s'il fallait se résoudre à laisser l'UE devenir en quelque sorte le vassal des Etats-Unis....

6.Posté par Eric CAVALIER le 26/04/2014 19:47
L'UE est déjà vassalisée et depuis pas mal de temps. Son grand-duc est outre-rhin, les autres états, abouliques et sans moyens militaires ne sont que des nobliaux de cour. La GB a sa relation spéciale qui lui est propre ( et du reste, fort intelligente); la Russie, pourtant plus européenne par l'histoire que les USA, est absente et continue d'être perçue comme une nation antagoniste à laquelle les USA dénient tout droit à pratiquer une politique de puissance qui leur ferait concurrence. Que signifie Siemens dans tout cela? Alstom peut et doit rester Français. Nous n'avons pas vocation à devenir le petit vassal du grand vassal....

7.Posté par Olivier D'AREXY le 26/04/2014 21:17
La position de vassale de la France vis-à-vis de lUE et des Etats-Unis tient à la monnaie unique qui rend plus difficile la compétitivité des pays comme la France , l'Espagne et de manière générale la zone euro-sud...Il ne tient qu'à la France de convaincre l'Allemagne et de lui faire valoir l'intérêt de changer de politique monétaire ( cf JP Chevènement) pour être efficace dans les défis de demain qui sont essentiels dans le domaine énergétique. Les marchés d'Alstom sont ils suffisants pour assurer sa pérennité? A mon avis ( cela reste à vérifier ), la France (endettée et dépendante des marchés financiers) seule, ne pourra soutenir les efforts à consentir en matière industrielle dans les activités d'Alstom ( qui demandent des capitaux importants) longtemps surtout si le programme de baisse de la production d'énergie nucléaire (-50%) est maintenu et alors que la transition énergétique nécessitera elle aussi sans doute un appel aux capitaux privés et publics .
Pour ce qui est de la Russie oui d'accord.

8.Posté par Eric CAVALIER le 27/04/2014 11:42
S'il n'y avait que l'Euro... l'euro a été l'un des outils de vassalisation par le fait qu'il a été un des facteurs majeurs de laminage de l'industrie, mais bien sûr pas le seul. L'Allemagne ne changera de politique monétaire que si cela correspond à ses intérêts, qui ne coïncident pas nécessairement avec les nôtres. Or nous avons un déséquilibre à corriger, avant tout avec elle! Quant à Alstom et Siemens, tout cela relève d'une stratégie d'entreprise, et nous ne disposons pas de tous les éléments de jugement; ce qu'on peut lire indique toutefois que les 2 groupes ont beaucoup d'activités redondantes et que la "fusion" serait très dommageable aux intérêts des salariés français. Ce n'est pas parce qu'une entreprise est européenne qu'elle constitue par principe le meilleur partenaire d'affaires. Et je vous rappelle l'amabilité de Siemens vis à vis d'Areva il y a encore peu, alors assez de naïvetés...Car il ne suffit pas de réduire le raisonnement à la firme, il faut considérer l'environnement politico-économique. Vous mentionnez la "transition énergétique" (un thème très bobo); beaucoup d'argent a déjà été gaspillé dans de fausses alternatives, au lieu d'être investi dans un nucléaire plus vert, car il est possible de faire des progrès considérables au niveau du traitement des déchets, tandis que cette industrie reste à la fois, propre, productive et économique. Nous avons affaire à des religieux de la politique avec leurs fétiches (Europe/Euro) et leurs tabous (nucléaire, charbon, pétrole sont des gros mots, le nucléaire en tête parce qu'il joue sur le subconscient de la peur)... Les résultats de cette transition ajouteront de la dépendance commerciale à la destruction industrielle d'un derniers rares fleurons français et bénéficieront à un nouveau fournisseur qui compensera notre inéluctable déficit énergétique: les USA avec leur gaz de schistes (que bien entendu, nous nous sommes empressés de stériliser sur notre territoire alors que nous disposons de réserves en abondance). Machiavel programmant la destruction de notre pays n'arriverait pas à la cheville de nos brillantes promotions de politiques depuis 40 ans. La vassalisation est dans nos têtes et à notre tête, avant que d'être dans l'euro ou ailleurs. De la servitude volontaire écrivit un jour "quelqu'un"...

9.Posté par Olivier D'AREXY le 27/04/2014 12:04
Vous me prêtez des intentions et des pensées qui ne sont que vos préjugés., Monsieur Eric Cavalier. Il faudrait déjà cesser ces à prioris car vous ne savez rien de ce que je pense autre que ce qu'ai dit dans ces quelques lignes. C'est assez désespérant en effet de voir qu'entre les pro-européens européistes (comme aime à le dire JPChevènemen) et les franco-franchouillards du refus pur et simple il ne soit pas envisageable d'imaginer et de proposer pas d'autres voies. Bien sûr que l'Allemagne est aujourd'hui en position de force mais la transition énergétique que vous considérez comme un propos bobo n'est pas à son avantage. Il faudrait d'abord cesser ces propos caricaturaux pour pouvoir avancer. Salut.

10.Posté par Eric CAVALIER le 27/04/2014 12:29
Monsieur d'Arexy, précisément, je ne vous prête aucune intention, en revanche j'en prête à ceux qui forcent leur autorité sur les peuples puisque c'est là le seul sujet qui me préoccupe. J'ai parlé de faits, j'aurais pu en mentionner d'autres concernant la "loyauté" industrielle de notre premier partenaire. S'agissant de la "transition" (vers quoi?), ce thème me parait trop galvaudé politiquement pour être pris au sérieux, et les risques liés à cette transition me paraissent singulièrement sous-estimés. Quant aux autres voies, ils relèvent de votre liberté de jugement comme il est de la mienne d'estimer que le contenu de cette transition se présente mal et que les voies évoquées sont confuses et peu convaincantes à ce jour.

11.Posté par Accacia_75 le 28/04/2014 20:38
Twitter
Il faut attendre que ce soit un vieillard en politique mais bien moins sénile que l'ensemble de nos sénateurs grassouillets pour émettre un écho pertinent d'une région qui risque fortement de trinquer.
Où sont les syndicats, conseillers et énarques indispensables à Hollande et son quarteron de ministres paresseux incompétents?
Faut il égrener les noms des entreprises françaises qui ont été dévorées depuis 20 ans par l'ogre de la mondialisation?
D'abord interpellons Martine Aubry et faisons lui avouer les obscurs dessins sur la loi des 35 heures qui s'avère être la grande faucheuse de notre industrie. Puis sortons de sa léthargie l'immonde Jacques Delors père du monstre des 35 heures et coupable unique de la forfaiture inique de la construction européenne qui fabrique en 2014 près de 50.000 chômeurs par jour en Europe, 47 millions de laissés pour compte , 110 millions de pauvres.

Hélas nous n'avons plus la chance d'avoir un Jean Luc Lagardère parti de rien et grand architecte visionnaire d'une industrie mutualisée à l'image d'Airbus et ses grands projets. Tout juste avons nous un Serge Dassault ( même promo que Lagardère) qui aura failli même en bénéficiant des subsides de l'état pour le Rafale et autres plaisanteries qui auront coûté 44 milliards d''euros au contribuables..... et celui-ci préfère fabriquer des mirages électoraux à coup d'enveloppes généreuses.

Alstom à l'image de Dassault , gérés à la grand papa qui montait au front avec son pantalon rouge pour mieux se faire trouer la peau. Le pantalon rouge d'Alstom c'est aussi toutes les affaires de corruption tellement est visible dans ses façons de corrompre pour gagner.

La France ou du moins son gouvernement n'a rien compris à la mondialisation et surtout aux grands changement qui s'opèrent à l'est , en Afrique, en Asie.

A part Vuitton du groupe LVMH qui réussit le tout de force de vendre du plastique galvanisé au prix du
cuir , notre pays part en ruine dont rien ne restera.
Les meilleurs conseillers de Poutine parlent 5 ou 6 langues, et chez nous? Ah oui nous avons Valls qui parle l'espagnol..... sans doute pour négocier le prix de la queue et oreilles du traître Hollande.

12.Posté par Marie Claude le 29/04/2014 00:38
Facebook
ça continue, on se fait dépecer comme la Grece

13.Posté par Eric CAVALIER le 29/04/2014 05:55
A Accacia, De l'Asie que je pratique depuis plus de 35 ans et d'où je vous réponds, je confirme hélas vos propos; la France n'a rien compris à la mondialisation tout comme elle n'a pas vu venir les nouvelles doctrines militaires à partir des années -30 ou bien le vent de la décolonisation sous la IV république. Nos élites entrent dans l'avenir en regardant le rétroviseur et le peuple Français est parfois trop content de s'entendre dire qu'elles lui garantissent la sauvegarde des acquis -quand il ne s'agit pas de surenchère! La boucle est donc scellée qui maintient les illusions le temps que dure la capacité à s'endetter et à prolonger artificiellement un système de fonctionnement obsolète. Mais les élites sont moins pardonnables que le peuple, car elles sont payées et élues par ce dernier en principe pour lui montrer la voie et l'éclairer par des avis compétents. Vous pointez du doigt à juste titre le manque de vision (mais aussi de courage et de sens des responsabilités) de ces décideurs qui de facto, sabordent les intérêts de leur pays pour assurer leur carrière (voir la Trahison des Clercs...). Le mal est bien dans ce "logiciel" qui programme la destruction inéluctable de notre pays: car c'est à la tête de notre collectivité nationale et dans la tête de ceux qui la gouvernent que le déni du réel prive notre pays du champ de vision dont il a besoin pour construire son avenir. La France devient le Portugal du XXIè siècle.

14.Posté par Olivier D'AREXY le 29/04/2014 08:02
Les propos d'Eric Cavalier sont excessifs, et dénotent une aigreur à l'égard de notre pays que l'on pourrait sans doute comprendre (J'en sais quelque chose;, E.C. fait d'ailleurs allusion à mon activité comme contrôleur de gestion chez Renault-Trucks (2004-2006), société passée sous le contrôle des américains via Volvo et l'application du Sarbanes Oxley Act sur le territoire français et que l'Etat français, sous N.Sarkozy, faillit à la protection des salariés sous la dictature du Medef, organisation de style maffieux). Néanmoins ne mélangeons pas tout .
Les deux questions qui sont essentielles sur cette affaire Alstom sont:
Y- at'il une solution française pérenne pour Alstom ?
Sinon y-a t'il alors une solution européenne, type Airbus (ex-EADS, mise en place en 1998 par JL Lagardère avec l'aide notamment de Philippe Camus)?

15.Posté par Eric CAVALIER le 29/04/2014 11:08
Monsieur d'Aresky, pourquoi m'apostropher inutilement une fois encore? (1) j'ignore tout de votre passé, de votre personne et notamment de votre fonction chez Renault-Trucks. En revanche je suis l'actualité industrielle, les piliers entiers qui tombent, un par un, et Renault Trucks n'est qu'un des multiples exemples de ce processus infernal; du reste, ce qui me préoccupait, à l'époque c'était de laisser partir la division Défense de Renault Trucks, j'ai modestement et à titre citoyen écrit au Ministère de la Défense qui n'a bien entendu pas répondu (2) ne parlez pas d'aigreur, parlez de sentiment de révolte, non pas à l'encontre d'un pays qui est le mien, mais à l'encontre de ceux qui ont la charge du navire tout entier. (3) propos excessifs? certainement moins que moins que vos déclarations sur le Medef par exemple. En ce cas, les mises en garde prémonitoires du Gl. de Gaulle citées plus haut le seraient bien davantage que les miens... Monsieur O.d'A. vous avez le droit de vous exprimer dans ces colonnes; veuillez accorder ce même droit démocratique à autrui, d'autant que je n'entends point être en débat avec vous. Le cœur du débat est bien ailleurs, et Alstom n'est qu'un point d'orgue dans la série des actifs qui nous échappent sans contrepartie, transformant le capital industriel que nous avions construit pendant les 30 glorieuses en peau de chagrin héritée des 40 piteuses. Il y a une courbe que chacun devrait regarder depuis son point de retournement en 1998, avant de considérer les affaires en cas par cas: c'est celle de notre déficit commercial et du rôle joué par le déclin de notre valeur ajoutée industrielle dans l'explication de ce déficit. Qui propose quoi de crédible pour revenir à l'équilibre et rembourser nos dettes? Est-ce en confiant les destinées d'Alstom à des centres de décision étrangers que nous irons dans le sens souhaitable? Combien d'autres dépossessions faudra-t-il endurer avant qu'un sursaut collectif ne fasse dire aux politiques: ça suffit!

16.Posté par Olivier D'AREXY le 29/04/2014 12:25
Monsieur Cavalier, je dois dire que votre dernier commentaire est clair et ,je vous rassure ( bien au contraire), je n'avais nulle intention de vous empêcher de dire quoi que ce soit. D'ailleurs comment le pourrais-je? Simplement s'il ne s'agit pas d'aigreur, il s'agit de révolte que je comprends fort bien et même partage bien que je ne suis pas d'accord avec les raisons qui ont amené la France à la situation d'aujourd'hui. Pour être bref, je suis plutôt de l'"avis" de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean, auteurs de "Le changement c'est maintenant") qui explique et démontre les relations entre les crises économiques et la surconsommation des ressources énergétiques ( Gaz pétrole charbon, mais surtout pétrole) et avec la critique de l'organisation du système financier européen autour des principes libéraux hérités de M.Thatcher et R.Reagan, que Gaêl Giraud, directeur de recherche a décrit dans "Illusion financière" Il y a donc nécessité absolue .pour la France -mais aussi pour l'Europe- de maitriser la filière énergétique (Ressources, moyens de production) comme Jean-Pierre Chevènement nous y invite, mais aussi de préparer la transition énergétique vers une économie décarbonée (avec le nucléaire au minimum à 50%. et non au maximum..) Pour ce qui est du Medef, rassurez-vous, pour preuve que mes propos ne sont pas excessifs, peut-être admettrez-vous que la conduite Didier Gautier-Sauvagnac, ex-patron de l'UIMM' et emprisonné , qui n'a rien voulu révéler de l'origine et destination des sommes colossales qu'il gérait au Medef, n'est pas celle d'un citoyen au-dessus de tout soupçon ? Il y a des dictatures non sanglantes , lorsque par exemple, l'Etat plie et répond favorablement aux exigences des puissances de l'argent , au mépris du citoyen, mais dictatures quand-même.

17.Posté par Eric CAVALIER le 29/04/2014 12:54
Mr. d'Arexy (et je corrige ma précédente coquille), nous ne sommes pas obligés d'être d'accord sur tout, notamment sur certains aspects de l'analyse du passé socio-politique, et je ne vous suivrai pas dans la formulation de cet aparté sur le Medef, car si nous avions tous les éléments, il y aurait peut-être d'autres cénacles que je ne mentionnerai pas à mettre en cause, mais encore une fois la question prioritaire pour moi n'est pas là. La question est de savoir si nous pouvons, collectivement et en tant que Français, accepter d'admettre (constat) que la maison France brûle et de former une chaîne ( réaction de survie) pour éteindre l'incendie, avant que le brasier ne laisse à nos enfants que les cendres du "roman national" invoqué par Mr. Chevènement. Roman qui nous est commun, par delà nos divergences. Et puisque vous citez certaines analyses certes ambitieuses mais relevant d'une action continue, sur le long terme et requérant, si j'ose dire une constitution d'athlète, je prétends qu'il faut avant tout arrêter d'urgence l'hémorragie de l'économie de Dame France qui gît à terre et ne dispose plus des moyens d'une telle ambition... Permettez moi de vous convier à une lecture plus courte et intellectuellement plus modeste, mais pas moins vraie sur un article de ce jour:
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/industrie-lourde/debat/0203467404835-la-france-perd-ses-entreprises-mais-aussi-ses-hommes-667424.php?xtor=EPR-1500-[la_une21]-20140428-[s=461370_n=3_c=308_]-1217252@2

18.Posté par Olivier D'AREXY le 29/04/2014 13:49
J'ai lu Mr Cavalier, cet article des Echos de ce jour. Intéressant bien que comme à leur habitude, les Echos ( Patron LVMH) font des descriptions tristounettes de l'image ( ni vraies ni fausses) de nos entreprises à l'étranger. N' est-ce pas là une conséquence de l'absence de politique industrielle de notre pays et de refus d'aller vers ce modèle anglo-saxon qui est mauvais. puisqu'il nous mène à moyen terme au désastre .JMJancovici est aussi chroniqueur dans les les échos 2 articles de lui courts:
http://www.manicore.com/documentation/articles/echos_sept2013_debat.html
http://www.manicore.com/documentation/transition_allemagne.html

Pour ce qui est du Medef oui sans doute mais n'est pas là le propre d'une organisation maffieuse?
Tout est justifiable et je ne doute pas des bonnes raisons de D. Gautier-Sauvagnac à se taire.

19.Posté par Eric CAVALIER le 29/04/2014 16:54
La dernière fois que j'ai entendu un grand patron évoquer publiquement et sans la brocarder la notion de politique industrielle, c'était il y a environ 2 ans, devant une assemblée de jeunes à l'école des Mines. Il a parlé de Pompidou et de son impératif industriel, également d'André Giraud... même si pour une partie de son auditoire, cela ne devait plus signifier grand chose et c'est bien cela qui est révélateur hélas; mais c'était courageux et je pense qu'il a été parfaitement compris par une assemblée de jeunes avides d'innover et de se battre. Il a ajouté qu'il se battait au Medef pour faire comprendre à ses homologues que, je cite de mémoire, "les entreprises avaient une nationalité". C'était à l'occasion de la sortie de son livre "La France doit choisir"... et il s'appelait Jean-Louis Beffa, dont je crois lire du reste -et cela devrait vous convenir- qu'il dispose d'un mandat au conseil de surveillance de ... Siemens. J'ai vu -mais non lu- que piaffant sans doute d'impatience faute d'être entendu, il a sorti l'an dernier une sorte de tome 2: "La France doit agir". La lecture du titre me suffit.

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