Je nuancerai certaines de ses vues sur la parité hommes-femmes qui n’était pas, dans l’intention du ministre qui a porté la loi devant le Parlement, la reconnaissance d’une « République sexuée » mais celle du rôle égal des hommes et des femmes dans la perpétuation de l’espèce humaine, bref une consécration du principe d’égalité. De même le Conseil français du Culte musulman est-il une instance cultuelle comme le Consistoire Central israélite, ou l’Assemblée des Evêques, mais ne saurait devenir une instance communautaire, comme Nicolas Sarkozy a cherché à l’instrumentaliser.
A ces modestes détails près, j’ai été frappé de l’acuité des analyses de Julien Landfried. C’est du beau travail ! Et je partage entièrement ses conclusions quant à la modernité et aux potentialités du modèle républicain français dans un monde déchiré par les affrontements ethniques et communautaristes. Avec à la clé une politique sociale rompant avec l’européisme béat et la résignation devant la mondialisation libérale et redécouvrant les vertus d’un patriotisme républicain en lui-même parfaitement sain. En ce sens, « Contre le communautarisme » est un appel vibrant à ne pas abandonner le combat républicain. Il résonne comme un appel à la lucidité et au courage civique. C’est un livre-symbole de la vivacité du républicanisme civique.